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AMINA (Février 2007)

15/02/2007

Spécialiste de la population Afro-Antillaise le mensuel AMINA a souhaité mettre en lumière le parcours d’un patron atypique du Nord qui a vécu son enfance dans les « corons » de la Martinique.

Jimmy Pinto, l'itinéraire magique d'un pur produit de la « Rue Case-Nègres »

S'il est acteur majeur de la « Rue Case Nègres », c'est bien notre invité de ce mois, Jimmy Pinto, ce chef d'entreprise d'origine martiniquaise navigue dans les hautes technologies à Lille où il a crée Axecibles, une entreprise high tech qui se développe à travers toute la France. Curieux destin que celui de cet homme qui s'est attaché à décrire la situation originale et singulière de sa mère, de façon esthétique et artistique, dire tout l'amour qu'il a pour elle et rendu hommage à cette femme illettrée mais extraordinaire dans sa simplicité, son humilité, son courage, son honnêteté, sa force de caractère, et qui l'a sorti de sa condition misérable. Rencontre avec AMINA.

Peut-on dire que vous êtes un pur produit de la Rue Case Nègres ?

Parfaitement, j'ai vécu mon enfance dans un village dont les seuls employeurs étaient la briquerie et les propriétaires de champs de canne à sucre.
Ma mère a passé des années à pousser les chariots de briques. Elle se faisait parfois aider de ses douze enfants, car c'était un travail payé à la tâche.

Comment êtes-vous passé de la ruralité aux hautes technologies ?

J'ai appris que seul le travail pouvait permettre de sortir du lot. J'ai toujours été encouragé à bien travailler à l'école.
Tous les petits boulots « les jobs » comme on disait dans mon entourage étaient bon à prendre. Ma mère m'a toujours laissé faire mes choix (quand ils étaient raisonnables).
A ma sortie de troisième, j'ai été orienté vers un BEP de maçonnerie.
Ma mère m'a alors demandé si je voulais être maçon. Devant mon « Non », elle a trouvé l'argent pour me payer une école privée, alors que nous ne roulions pas sur l'or.
A partir de ce moment, j'ai mis un point d'honneur à être le premier dans tout ce que j'entreprenais. J'ai pu faire des études supérieures. J'ai exercé une activité de consultant pendant huit ans. En 2001, la planète Internet s'effondrait, mais le nombre d'internautes, lui ne cessait d'augmenter. Après une étude de marché menée au galop, j'ai entrepris cette aventure avec un associé.
Notre particularité sur ce marché très concurrentiel est que nous travaillons en partant de la problématique de notre client. Internet n'est qu'un moyen pour atteindre un objectif et ce qu'il s'agisse d'un site Internet, d'un référencement manuel, d'une campagne d'e-mailing…
En moins de cinq ans, nous sommes passés à plus de 3,5 millions d'euros. Nous connaissons une croissance de plus de 50 % de notre CA par an depuis cinq ans. Pour le moment, il ne s'agit que de croissance organique. 2007 devrait voir nos premières franchises arriver, ainsi que le rachat de certains de nos concurrents qui connaissent des difficultés. Le marché du Web est atomisé, il n'y a pas d'acteur d'envergure nationale.

Imaginiez-vous à l'époque de quoi serait fait demain ?

Je savais que ma situation de l'époque ne pouvait que s'améliorer. J'ai vu ma mère tout faire pour améliorer nos vies. Ils ne pouvait pas en être autrement. J'ai surtout appris que la situation dans laquelle chaque individu se trouve aujourd'hui est provisoire si il décide qu'elle l'est. Chaque étape est une marche pour atteindre un autre objectif.

Qu'est ce qui vous a donné cette envie d'entreprendre ?

Depuis l'âge de vingt-quatre ans, je me suis fixé comme objectif de créer ma propre entreprise. J'ai fait plusieurs tentatives avant de trouver la bonne idée qui pourrait me permettre d'aller au bout d'un rêve de création.

Quels ont été les évènements déclencheurs ?

Pour ce qui concerne la création d'Axecibles, je sortais d'une expérience enrichissante menée dans la filiale d'un groupe français racheté par des Américains.
J'étais cadre et lors de ce rachat la mentalité de certains de mes nouveaux supérieur de me convenait pas. J'ai décidé de partir pour me mettre à mon compte. J'ai repris une activité de consultant, la bulle Internet était en train d'exploser, tous les experts disaient que seuls ceux qui avaient un modèle économique visible qui ne s'appuyaient pas que sur d'hypothétiques recettes publicitaires survivraient.
J'ai vu que malgré toutes les liquidations qui se suivaient, le nombre d'internautes ne cessait d'augmenter. Au-delà d'un phénomène de mode. Les français continuaient à accéder en masse à Internet.
J'ai su que ces millions d'internautes auraient besoin de trouver sur le web des solutions professionnelles. J'ai décider de foncer.

Entreprendre avec sa différence, est-ce un atout lorsque l'on se lance dans un projet d'entreprise en France ?

J'ai toujours pensé que ma différence, ma couleur était un atout parce qu'elle me permettrait de me différencier. J'ai exercé une activité de consultant pendant plusieurs années, j'ai toujours joué de ma différence pour faire basculer la décision de mes interlocuteurs en ma faveur. Je pense que nous avons tous quelque chose qui nous différencie. Ma mère ne savait pas lire. Elle ne m'a jamais donné l'impression que c'était un handicap pour ne pas se prendre en main et nous pousser à nous dépasser. Alors la couleur… l'illettrisme…
C'est le message que j'ai tenté vainement de faire passer à un de mes amis, brillant juriste, qui prépare des dossiers pour d'autres avocats. Parfois moins brillant que lui. Sa seule difficulté… il pense qu'il ne pourra pas influencer positivement un juge à cause de sa couleur. Nous sommes notre pire ennemi.

Pour vous « entreprendre » se limite-t-il à la création d'entreprise ou cela correspond-il à une façon d'être, à une véritable culture ?

Avant de créer Axecibles, j'ai été salarié. J'avais décidé que si mon patron m'avait fait confiance, je devais mériter cette confiance. Je négociais avec nos prestataires extérieurs comme s'il s'agissait de mon propre argent. Je gérais mes collaborateurs comme si le salaire qu'ils touchaient sortait de ma poche. Je voulais apporter une véritable valeur ajoutée à l'entreprise. Pour moi l'entreprise était une entité que chaque salarié devrait défendre car sa réussite dépendait de chacun.
La création d'entreprise n'est que l'une des manières d'exprimer cet état d'esprit.

L'envie d'entreprendre est t'il l'apanage de quelques élites ou est-il important de privilégier la personnalité et les idées, plutôt que les titres et les diplômes ?

Aujourd'hui je gère des entreprises qui connaisent un succes certains dans le domaine de l'internet, alors qu'il y a sept ans je savais juste récupérer mes mails et faire des recherches simples. J'ai un diplôme de biologiste, mais en me formant et m'appuyant sur ma curiosité, mon envie d'apprendre, mon désir de réalisation personnelle, le souhait de continuer ce que ma mère a commencé avec moi a été plus fort que tout.
Le diplôme n'est qu'un passeport pour acceder à quelque chose, il donne une ouverture.

Source : Anima

AMINA (Février 2007)

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